Pacte adolescent·e·s sans smartphone - 15 ans

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Pacte adolescent.e.s sans smartphone -15 ans

Nous vivons entouré·e·s d’écrans. Nous, réseau romand JOSE, cherchons à promouvoir des règles sur l'usage du numérique qui, même si difficiles à appliquer, commencent à faire consensus un peu partout dans le monde pour que les écrans soient une plus-value pour les jeunes et non l’inverse.

Nous invitons à réfléchir à l’utilisation dite « inéluctable » du numérique dans nos vies afin de prendre soin de notre santé, de nos relations, de notre avenir et de celui de la planète.

Nous encourageons chacun et chacune, pour soi-même, au sein de sa famille et de ses groupes d'ami·e·s à discuter ces propositions, à se fixer des objectifs ambitieux de déconnexion numérique et de reconnexion à l'humain et à la nature.

RAPPELONS-NOUS QUE :

Les écrans influencent le développement et le comportement des jeunes et peuvent causer des problèmes de santé : des phénomènes d’addiction, des problèmes articulaires et cardiovasculaires, d’obésité, de diabète, à cause du manque de mouvement, de l’anxiété, du mal-être, de la difficulté à gérer les émotions, la frustration et à fournir des efforts.

Les écrans les exposent à des contenus inappropriés ou au cyberharcèlement.


C’EST POUR ÇA QUE NOUS, LES PARENTS,

  • nous nous engageons à ne pas donner de smartphone à notre enfant avant 15 ans,
  • nous accompagnons nos jeunes dans leur utilisation d'internet jusqu'à 15 ans,
  • nous favorisons les repas sans écrans,
  • nous encourageons les interactions, les activités et expériences sans écrans et cherchons nous-mêmes à donner l'exemple.


Quelques arguments - Pacte adolescent.e.s sans smartphone -15 ans
Pour des jeunes libres

Nous, parents, nous engageons collectivement à donner un smartphone à notre enfant/jeune au plus tôt à partir de 15 ans.

Avant 15 ans, si nous l’estimons nécessaire, nous proposons un « brick phone », ou « dumb phone », c’est-à-dire un téléphone permettant uniquement d’appeler et d’envoyer des messages.

Quelques arguments

L’utilisation des smartphones et des réseaux sociaux par les enfants et les jeunes a augmenté massivement depuis quelques années. La dépendance au smartphone est malheureusement favorisée par toute une série d’usages «pratiques» privés, appareil photo, réveil, musique, moyen de payement, etc.

Les effets négatifs de l’utilisation des smartphones, notamment des jeux mobiles2 et des réseaux sociaux par les enfants et les jeunes sont aujourd’hui visibles et observables, documentés et publiés dans des ouvrages scientifiques ou grand public.

Si elles prennent petit à petit la mesure du problème, les politiques publiques et sanitaires, ainsi que la législation et les règlements scolaires évoluent, mais trop lentement par rapport aux impacts nocifs, comme cela a été le cas dans les années 80-90 avec le tabac. Récemment plusieurs lois cantonales sont venues renforcer les règlements scolaires déjà existants, interdisant l’utilisation des smartphones dans l’enceinte des établissements ou en classe, interdisant ainsi aux enseignant.e.s d’en faire recours comme cela avait pu être pratiqué ou peut encore être fait.

Toutefois, comme nous en sommes toutes et tous témoins, nos enfants et nos jeunes utilisent leurs appareils très souvent, au réveil, à la maison, sur le trajet pour se rendre à l’école, etc.

Le Smartphone installé avec des contrôles parentaux peut sembler une bonne solution, mais il ne faut pas oublier que les contrôles parentaux sont proposés par les GAFAM eux-mêmes, et qu’ils sont faciles à contourner !

Il existe des solutions pour de nombreux usages pratiques du smartphone : un réveil, une chaine stéréo, une carte d’étudiant rechargeable3 et la débrouillardise !

D’ailleurs les Smartphones et les réseaux sociaux sont tellement addictifs que nombre d’enfants vont jusqu’à demander à leurs parents de limiter leur temps d’écran.

Le rapport « Enfants et écrans. A la recherche du temps perdu.», de la commission d’expert.e.s «écrans» recommande à partir de 13 ans, un téléphone connecté sans accès aux réseaux sociaux ni aux contenus illégaux et à partir de 15 ans des accès complémentaire aux réseaux sociaux éthiques. Plusieurs pays ont déjà légiféré ou sont en voie de légiférer sur l’interdiction des réseaux sociaux, aux moins de 16 ans en Australie, ou aux moins de 15 ans en France.

De ce fait, nous, nous, parents, nous engageons collectivement à donner un smartphone à notre enfant/jeune au plus tôt à partir de 15 ans.

Les années d’adolescence, qui débutent à 12 ans entraînent des modifications cérébrales qui vont ouvrir les jeunes sur quatre dimensions caractéristiques :

  • La recherche de nouveauté qui encourage l’adolescent à tenter de nouvelles expériences
  • L’engagement social avec ses pairs qui lui permet de renforcer les liens entre adolescents et de crée de nouvelles amitiés
  • L’intensification des émotions qui dynamise son existence
  • L’exploration créative associée à une conscience élargie qui leur permet de donner naissance à de nouvelles idées et de faire jaillir l’innovation.

Or un usage excessif des écrans, en particulier des jeux vidéos, des IA et des réseaux sociaux font obstruction au bon développement des enfants et des jeunes

  • Ils provoquent une baisse des capacités cognitives et des résultats scolaires
    • L’utilisation répétée (notamment en zappant et scrollant) amène des troubles de la concentration, perturbe la mémorisation et le sommeil (facteurs essentiels de l’apprentissage), trouble l’acquisition et le développement du langage.
    • Les performances scolaires des jeunes ont baissé, parmi les divers facteurs explicatifs : de faibles attentes, des relations sociales avec les enseignants pauvres et des capacités d’attention réduites par les médias sociaux.
    • Dans et en dehors des classes, les écrans nuisent aux dynamiques collectives et affaiblissent les relations sociales. Les cas de cyberharcèlement ont explosé.
  • Ils affectent la santé mentale, développent des psychopathologies
    • Troubles du déficit de l’attention
    • Hyperactivité
    • Addiction
    • Angoisse
    • Dépression
    • Comportements agressifs
    • Et même des psychoses
  • Ils causent des problèmes de santé physique directs et indirects
    • Myopie et troubles oculaires
    • Problèmes articulaires
    • Diabète
    • Surpoids
    • Maladies cardiovasculaires

La nécessité de pouvoir communiquer avec son enfant ou son jeune et réciproquement peut être couvert par un téléphone «brick phone». En cas d’urgence, les enseignant-e-s et secrétariats des établissements sont disponibles.

Avant 15 ans, si nous l’estimons nécessaire, nous proposons un « brick phone », c’est-à-dire un téléphone permettant uniquement d’appeler et d’envoyer des messages.

Si nécessaire, notre jeune peut accéder à internet via un ordinateur partagé au sein de la famille.

Si notre pré-adolescent·e possède déjà un Smartphone ou l’accès aux réseaux sociaux, nous recommandons un «pacte familial personnalisé»1

En résumé, nous encourageons les interactions, les activités et les expériences hors écran. Qu’elles soient sociales, créatives, artistiques, sportives, techniques,… toutes les activités hors écrans seront bien plus riches et formatrices pour nos jeunes. A tout âge, l’être humain se nourrit d’expériences polysensorielles et nos jeunes en ont absolument besoin pour bien se développer, construire leur personnalité et gagner en confiance.

Nous cherchons nous-mêmes à montrer l’exemple et à favoriser la présence active et passive avec nos enfants/jeunes/adolescent·e·s. Quel plaisir de se retrouver tous ensemble à jouer à un jeu de société et pourquoi pas à lire chacun·e un livre ou découvrir d’autres activités ! Les liens sociaux créés hors-ligne sont bien plus riches, réels et durables. Regarder la vie des autres via les résaux sociaux peut favoriser l’envie, fragiliser les enfants et les adolescent.e.s et les empêcher de développer leurs propres ressources.

Favorisons les expériences réelles riches pour nos enfants et nos jeunes et permettons de développer des connaissances et compétences personnelles sans devoir faire appel à un objet tiers, cela leur permettra de développer leur confiance personnelle.

  1. Un pacte familial peut être instauré dans notre famille, voir «pacte familial». Idéalement il est plus constructif de co-construire le pacte avec son adolescent.e et avec toute la famille, car nous avons conscience de l’importance du dialogue avec les adolescent·e·s car si elles et eux ne sont pas partie prenante du processus, celui-ci risque de se transformer en conflit stérile. Être à l’écoute des besoins, tout en lui montrant les enjeux fondamentaux de sa vie affective et développement intellectuel, qui seront mis en danger par l’utilisation de son smartphone.
  2. Un jeu mobile (ou jeu vidéo sur mobile) est un jeu vidéo jouable sur appareil mobile : téléphone mobile, smartphone, tablette tactile.
  3. Twint, une application facilitant les paiements, entraîne des frais de paiement de 1,3% et diminue ainsi les recettes de l’exploitant. Elle peut facilement être remplacée par de l’argent liquide ou une carte d’étudiant rechargeable.

Bibliographie :
  • Daniel Siegel. (2013). Le cerveau de votre ado. Éd. Les arènes.
  • Nicholas Kardaras (2016). Hypnotisés. Éd.Desclée de Brouwer.
  • Le Poulpe. (2025). Argumentaire du Collectif enseignant pour une réflexion et action critiques sur le numérique à l’école, Canton de Vaud.
  • Mouton, S. (2025). Écrans, un désastre sanitaire : Il est encore temps d’agir. Gallimard.
  • Comité éditorial du Financial Times editorials. « Classement Pisa, le bilan mondial est alarmant» in : Le Nouvel économiste, le 20.12.2023. https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/classement-pisa-le-bilan-mondial-est-alarmant/