Nous vivons entouré·e·s d’écrans. Nous, réseau romand JOSE, cherchons à
promouvoir des règles sur l'usage du numérique qui, même si difficiles à
appliquer, commencent à faire consensus un peu partout dans le monde pour
que les écrans soient une plus-value pour les jeunes et non l’inverse.
Nous invitons à réfléchir à l’utilisation dite « inéluctable » du numérique dans nos
vies afin de prendre soin de notre santé, de nos relations, de notre avenir et de
celui de la planète.
Nous encourageons chacun et chacune, pour soi-même, au sein de sa famille et
de ses groupes d'ami·e·s à discuter ces propositions, à se fixer des objectifs
ambitieux de déconnexion numérique et de reconnexion à l'humain et
à la nature.
RAPPELONS-NOUS QUE :
Les écrans influencent le développement et le
comportement des jeunes et peuvent causer des
problèmes de santé : des phénomènes d’addiction,
des problèmes articulaires et cardiovasculaires, d’obésité,
de diabète, à cause du manque de mouvement, de
l’anxiété, du mal-être, de la difficulté à gérer les émotions,
la frustration et à fournir des efforts.
Les écrans les exposent à des contenus inappropriés ou au
cyberharcèlement.
C’EST POUR ÇA QUE NOUS, LES PARENTS,
Nous, parents, nous engageons collectivement à donner un smartphone à notre enfant/jeune au plus tôt à partir de 15 ans.
Avant 15 ans, si nous l’estimons nécessaire, nous proposons un « brick phone », ou « dumb phone »,
c’est-à-dire un téléphone permettant uniquement d’appeler et d’envoyer des messages.
Quelques arguments
L’utilisation des smartphones et des réseaux sociaux par les enfants et les jeunes a
augmenté massivement depuis quelques années. La dépendance au smartphone est
malheureusement favorisée par toute une série d’usages «pratiques» privés, appareil
photo, réveil, musique, moyen de payement, etc.
Les effets négatifs de l’utilisation des smartphones, notamment des jeux
mobiles2 et des réseaux sociaux par les enfants et les jeunes sont
aujourd’hui visibles et observables, documentés et publiés dans des ouvrages
scientifiques ou grand public.
Si elles prennent petit à petit la mesure du problème, les politiques publiques et
sanitaires, ainsi que la législation et les règlements scolaires évoluent, mais trop
lentement par rapport aux impacts nocifs, comme cela a été le cas dans les années 80-90
avec le tabac. Récemment plusieurs lois cantonales sont venues renforcer les règlements
scolaires déjà existants, interdisant l’utilisation des smartphones dans l’enceinte des
établissements ou en classe, interdisant ainsi aux enseignant.e.s d’en faire recours
comme cela avait pu être pratiqué ou peut encore être fait.
Toutefois, comme nous en sommes toutes et tous témoins, nos enfants et nos jeunes
utilisent leurs appareils très souvent, au réveil, à la maison, sur le trajet pour se
rendre à l’école, etc.
Le Smartphone installé avec des contrôles parentaux peut sembler une bonne solution,
mais il ne faut pas oublier que les contrôles parentaux sont proposés par les GAFAM
eux-mêmes, et qu’ils sont faciles à contourner !
Il existe des solutions pour de nombreux usages pratiques du smartphone : un réveil, une
chaine stéréo, une carte d’étudiant rechargeable3 et la débrouillardise !
D’ailleurs les Smartphones et les réseaux sociaux sont tellement addictifs que nombre
d’enfants vont jusqu’à demander à leurs parents de limiter leur temps d’écran.
Le rapport « Enfants et écrans. A la recherche du temps perdu.», de la commission
d’expert.e.s «écrans» recommande à partir de 13 ans, un téléphone connecté sans accès
aux réseaux sociaux ni aux contenus illégaux et à partir de 15 ans des accès
complémentaire aux réseaux sociaux éthiques. Plusieurs pays ont déjà légiféré ou sont en
voie de légiférer sur l’interdiction des réseaux sociaux, aux moins de 16 ans en
Australie, ou aux moins de 15 ans en France.
De ce fait, nous, nous, parents, nous engageons collectivement à donner un smartphone à
notre enfant/jeune au plus tôt à partir de 15 ans.
Les années d’adolescence, qui débutent à 12 ans entraînent des modifications cérébrales qui vont ouvrir les jeunes sur quatre dimensions caractéristiques :
Or un usage excessif des écrans, en particulier des jeux vidéos, des IA et des réseaux sociaux font obstruction au bon développement des enfants et des jeunes
La nécessité de pouvoir communiquer avec son enfant ou son jeune et réciproquement peut
être couvert par un téléphone «brick phone». En cas d’urgence, les enseignant-e-s et
secrétariats des établissements sont disponibles.
Avant 15 ans, si nous l’estimons nécessaire, nous proposons un « brick phone »,
c’est-à-dire un téléphone permettant uniquement d’appeler et d’envoyer des messages.
Si nécessaire, notre jeune peut accéder à internet via un ordinateur partagé au sein de
la famille.
Si notre pré-adolescent·e possède déjà un Smartphone ou l’accès aux réseaux
sociaux, nous recommandons un «pacte familial personnalisé»1
En résumé, nous encourageons les interactions, les activités et les expériences hors
écran. Qu’elles soient sociales, créatives, artistiques, sportives, techniques,… toutes
les activités hors écrans seront bien plus riches et formatrices pour nos jeunes. A tout
âge, l’être humain se nourrit d’expériences polysensorielles et nos jeunes en ont
absolument besoin pour bien se développer, construire leur personnalité et gagner en
confiance.
Nous cherchons nous-mêmes à montrer l’exemple et à favoriser la présence active et
passive avec nos enfants/jeunes/adolescent·e·s. Quel plaisir de se
retrouver tous ensemble à jouer à un jeu de société et pourquoi pas à lire
chacun·e un livre ou découvrir d’autres activités !
Les liens sociaux créés hors-ligne sont bien plus riches, réels et durables. Regarder la
vie des autres via les résaux sociaux peut favoriser l’envie, fragiliser les enfants et
les adolescent.e.s et les empêcher de développer leurs propres ressources.
Favorisons les expériences réelles riches pour nos enfants et nos jeunes et permettons
de développer des connaissances et compétences personnelles sans devoir faire appel à un
objet tiers, cela leur permettra de développer leur confiance personnelle.
Bibliographie :